Article MAJ le 14/02/2026 – J’ai passé plus de temps que prévu à choisir mon outil d’envoi de newsletter. Non pas parce que la technique était compliquée. Parce que j’avais des convictions sur la façon dont je voulais communiquer et que l’outil que j’utilise dit quelque chose de ces convictions.
Ce que vous choisissez pour envoyer vos emails dit comment vous gérez les données de vos abonné·es, si vous respectez leur attention ou l’exploitez, si votre communication est construite sur une relation de confiance ou sur des automatisations pensées pour convertir à tout prix.
C’est un détail ? Non. C’est un choix de positionnement.
Voici mon retour après avoir utilisé les deux et après être revenue en arrière.
Ce que je cherchais, et pourquoi ce n’est pas une liste de fonctionnalités
Je suis designer web et consultante en image de marque. Ma newsletter n’est pas un tunnel de vente. C’est l’endroit où je partage un point de vue, une conviction, une prise de position sur mon secteur. Elle s’adresse à des consultant·es, formateur·rices, avocat·es, architectes, des indépendant·es qui ont quelque chose à dire et une image qui ne le dit pas encore.
Ce que j’attendais d’un outil, dans cet ordre :
- Une conformité RGPD réelle, pas du greenwashing de politique de confidentialité.
- Un hébergement européen, de préférence français.
- Une interface qui ne me force pas à activer des pratiques que je refuse : relances agressives, urgence fabriquée, séquences d’emails conçues pour épuiser la résistance.
- Et un support humain quand j’en ai besoin.
Brevo : puissant, flexible, et à surveiller
Brevo est l’outil d’e-mailing le plus utilisé en France. Son offre gratuite est difficile à battre : contacts illimités, 300 emails par jour, automatisations, CRM intégré. Pour démarrer sans budget, c’est l’option évidente.
L’interface est claire. En quelques heures, vous construisez un template correct, segmentez vos contacts, programmez vos envois. Pas de compétences techniques requises.
Ce qui me pose un problème : certaines automatisations proposées par défaut contredisent ce que je défends. Les séquences de relance « dernière chance », les emails conçus pour créer de l’urgence artificielle — tout ça est activable en trois clics. Ce n’est pas une raison d’éviter Brevo. C’est une raison d’être précis·e sur ce que vous activez et ce que vous refusez.
Le support hors offres payantes est entièrement automatisé. Si vous débutez et que vous avez une question spécifique, vous tomberez sur une base de connaissance, pas sur une personne.
Pour qui : les indépendant·es qui démarrent sans budget, qui ont besoin de fonctionnalités avancées, et qui sont à l’aise pour paramétrer l’outil selon leurs propres critères — sans laisser Brevo décider à leur place de ce qui est « efficace ».
Sendethic : l’outil qui vous demande d’être sérieux·se
Sendethic est une plateforme française indépendante, positionnée depuis le départ sur l’e-mailing éthique et responsable. Chaque nouvelle inscription est validée manuellement par leur équipe, qui vérifie que vous respectez leurs standards de qualité et de consentement.
Cette validation manuelle n’est pas une contrainte administrative. C’est un signal : Sendethic n’accepte pas tout le monde. Et c’est précisément ce qui protège la délivrabilité et la réputation de toutes les newsletters hébergées. Vous bénéficiez du sérieux des autres.
L’interface est volontairement épurée. Vous faites moins de choses qu’avec Brevo — mais vous faites ce qui compte : rédiger, envoyer, lire les résultats. Quand j’ai eu une question, j’ai eu une réponse d’une vraie personne, avec un conseil adapté à ma situation. C’est rare. Et ça vaut quelque chose.
Ce qu’il faut savoir avant de s’engager : Sendethic est payant dès le départ. Et la plateforme exige une régularité minimale — les comptes inactifs plusieurs mois sont désactivés. Si votre newsletter est occasionnelle, ce point n’est pas un détail.
Pour qui : les indépendant·es qui ont une vision claire de leur newsletter, qui envoient régulièrement (au minimum une fois par mois), et pour qui la façon de communiquer est aussi importante que ce qu’on communique.
Le comparatif
| Critère | Brevo | Sendethic |
|---|---|---|
| Tarif d’entrée | Gratuit (300 emails/jour) | Payant dès le départ |
| Fonctionnalités | Complètes (CRM, automatisations, A/B) | Essentielles, bien exécutées |
| Interface | Intuitive, riche | Épurée, focalisée |
| Conformité RGPD | Oui — à surveiller dans les pratiques | Intégrée dans l’ADN |
| Éthique des pratiques | À paramétrer vous-même | Intégrée dès la validation |
| Support | Automatisé (humain sur offres payantes) | Humain dès le départ |
| Régularité requise | Flexible | Envois réguliers attendus |
| Hébergement | Europe | France |
Mon choix et ce qu’il révèle
En 2023, j’étais sur Sendethic. J’avais choisi cet outil délibérément : pour ses valeurs, son approche humaine, l’exigence qu’il imposait. Et je m’en satisfaisais.
Puis ma newsletter s’est arrêtée. En même temps que d’autres choses dans mon activité. Compte inactif trop longtemps : compte désactivé. C’est cohérent avec leur positionnement. C’est aussi concret quand ça vous arrive.
Depuis la relance début 2026, je suis sur Brevo. Pas par conviction, par pragmatisme. Flexibilité, pas de condition d’activité minimale, reprise immédiate. Pour une relance progressive, c’était le bon choix.
Est-ce que je reviendrai sur Sendethic ? Probablement, quand mon rythme sera stable. Mais ce que cette expérience m’a confirmé : il n’y a pas d’outil parfait. Il y a l’outil qui correspond à votre situation réelle, et la lucidité de faire la différence entre vos convictions et ce que vous êtes en mesure de tenir aujourd’hui.
La vraie question à se poser avant de choisir
À quoi sert votre newsletter dans votre stratégie d’image ?
Si c’est un canal de plus à alimenter sans intention précise, ni Brevo ni Sendethic ne changeront grand-chose. En revanche, si votre newsletter est l’endroit où votre point de vue s’exprime, où votre positionnement devient visible, où vos abonné·es comprennent pourquoi vous et pas quelqu’un d’autre, alors le choix de l’outil devient lui-même un acte de cohérence.



