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Quand disparaître de sa propre image est le choix le plus rationnel (et ce que ça dit de nous toutes)

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Cet article était prévu pour le 8 mars. Je ne l’ai pas publié ce jour-là. Les posts de circonstance écrits pour cocher une case militante, ce n’est pas ma façon de travailler. J’écris quand quelque chose me met en rogne. Et ça s’est produit 2 jours après.

J’ai lu le post d’une avocate sur LinkedIn qui expliquait qu’elle ne met pas sa photo sur ses réseaux professionnels. non par oublie ou modestie mais par calcul. Elle avait évalué le rapport coût-bénéfice de sa visibilité et conclu que l’invisibilité lui coûtait moins cher que les remarques.

Une avocate. Formée pendant des années. Qui défend des dossiers complexes devant des juges. Qui a appris à argumenter dans des environnements hostiles. Et qui, en 2026, considère que la stratégie la plus rationnelle pour exercer son métier en paix est de faire disparaître son visage de sa propre image professionnelle.

Je veux qu’on s’arrête là.

Ce qui s’est passé dans les commentaires

Parce que ce qui s’est passé sous son post est exactement ce qu’elle anticipait et exactement ce qui prouve qu’elle avait raison.

Un premier commentaire : « Quel intérêt de faire un selfie ou poser sa photo lorsqu’on a un métier intellectuel sur un site pro ? Je ne vois pas ce que cela apporte sur le niveau de la personne. »

Un second : « Mais pourquoi avez-vous besoin de publier ce post ? Un besoin d’existence ? Un besoin de reconnaissance ? »

Et le plus révélateur : 3 paragraphes d’un homme qui se positionne comme allié, pour expliquer que non, pas tous les hommes, que oui bien sûr une femme peut être brillante et élégante, et ainsi de suite.

Elle n’avait pas mis de photo. Elle avait expliqué pourquoi elle n’en mettait pas. Et des hommes sont quand même arrivés pour rendre absurde le fait même qu’elle ait eu besoin de se justifier. Pour déplacer la question de « pourquoi ce besoin existe » vers « pourquoi tu as besoin de ça ». Pour faire comme si c’était elle le problème.

Ce n’est pas de la méchanceté franche. C’est plus difficile à nommer et donc plus difficile à combattre. C’est un mécanisme de neutralisation : rendre la personne qui parle responsable de l’inconfort que sa parole crée.

Le calcul est juste. Le problème est réel.

J’ai commenté sous son post que s’effacer pour se protéger, c’est leur donner raison sans le vouloir. Que c’est un paradoxe qui me rend triste.

Mais je veux être précise sur ce que je dis et sur ce que je ne dis pas.

Je ne dis pas qu’elle a tort. Son calcul est parfaitement lucide. Montrer son visage lui coûte quelque chose de réel, mesurable, récurrent. Elle a décidé de ne pas payer ce prix. C’est une décision rationnelle dans un environnement hostile, et personne n’a à lui en faire le reproche.

Ce que je dis, c’est que cet environnement existe. Qu’il est documenté. Que cette avocate n’est pas un cas isolé, elle est représentative d’un calcul que font silencieusement des milliers de femmes professionnelles en 2026. L’avocate. La consultante RH. L’architecte. La formatrice professionnelle. La psychologue. Qui ont construit une expertise solide, un point de vue précis, une réputation réelle et dont l’image en ligne ne reflète rien de tout ça. Parce qu’elles n’ont pas eu le temps de s’en occuper. Ou parce qu’elles ont appris, à force, que se montrer avait un prix.

Ce que je dis aussi, c’est que ce calcul a un coût invisible que personne ne comptabilise. Pas le coût immédiat des remarques, celui-là, elle l’a calculé. Le coût différé de l’invisibilité : les client·es qui ne la trouvent pas, les dossiers qui vont à quelqu’un de moins compétent mais plus visible, la réputation qui ne se construit pas parce que le visage qui la porterait a décidé de disparaître.

Ce que l’image de marque peut (et ne peut pas) faire

Je ne vais pas prétendre qu’une identité de marque bien construite résout le problème structurel. Elle ne le résout pas. Les commentaires de ce type existeront demain comme ils existent aujourd’hui.

Ce qu’une identité de marque peut faire, c’est changer les termes du rapport.

Une image construite avec précision et conviction, pas une image douce conçue pour ne déranger personne, mais une image qui dit exactement qui vous êtes et à qui vous vous adressez, ne supprime pas les commentaires déplacés. Elle les rend moins pertinents. Parce que l’image ne demande pas la permission d’être là. Elle existe. Elle prend de l’espace. Elle positionne avant que quiconque ait ouvert la bouche.

Ce n’est pas de la communication mais bien une posture

J’ai travaillé avec des avocat·es, des architectes, des consultant·es, des formatrices professionnelles qui avaient fait ce même calcul, pas forcément de façon aussi consciente que cette avocate, mais qui avaient progressivement réduit leur visibilité, adouci leur image, édulcoré leur discours pour éviter la friction. Ce que le travail sur leur identité de marque a changé, ce n’est pas qu’elles ont arrêté de subir des remarques. C’est qu’elles ont arrêté d’organiser leur image autour de la peur de les recevoir.

Et, ce n’est pas rien !

Une identité de marque peut être un acte de résistance. Je ne parle pas de slogan. Décider que votre image sera à la hauteur de ce que vous valez, que vous n’effacerez pas votre visage, votre point de vue, votre singularité pour faciliter la vie de personnes qui ne vous méritent pas, c’est une décision politique autant que commerciale.

Ce n’est pas pour tout le monde. Certaines femmes font le calcul de cette avocate et il est juste pour elles, dans leur contexte, à ce moment. Je ne suis pas là pour contester ce calcul.

Je suis là pour travailler avec celles qui ont décidé que leur image ne demanderait plus jamais la permission d’être là.

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