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Écriture inclusive : pourquoi j’écris comme ça, sans m’en excuser

utiliser l’écriture inclusive pour ma communication entrepreneur

Je n’utilise pas l’écriture inclusive parce que c’est tendance. Je l’utilise parce que c’est cohérent avec ce que je refuse de taire. Voilà pourquoi.

J’utilise l’écriture inclusive dans toute ma communication. Sur mon blog, dans mes emails, dans mes propositions commerciales, dans mes formations.

Pas parce que c’est tendance. Parce que c’est cohérent avec ce que je pense de la langue, de ce qu’elle construit, et de ce qu’elle invisibilise quand on ne fait pas attention.

Je sais ce que certains en pensent. Je n’ai pas besoin de les convaincre.

Ce que mes choix d’écriture disent de moi, avant que je dise quoi que ce soit

Vos choix d’écriture font partie de votre image. Ce n’est pas une métaphore.

La façon dont vous vous adressez à vos lecteur·rices dit quelque chose sur qui vous considérez comme votre interlocuteur·rice légitime. Écrire « les entrepreneurs » en utilisant systématiquement le masculin générique, c’est un choix. Écrire « les entrepreneur·es » en est un autre. Les deux disent quelque chose.

Mon choix dit : je ne considère pas que le masculin est la norme à laquelle tout le monde doit se soumettre pour être inclus·e.

C’est une conviction linguistique. C’est aussi une conviction politique, au sens littéral, une façon de concevoir le rapport entre langue et pouvoir. Et comme toutes mes convictions, elle se voit dans ce que je produis.

C’est exactement ce que je demande aux professionnel·les que j’accompagne : que leurs choix de communication soient le reflet de leur point de vue réel, pas une approximation prudente conçue pour ne froisser personne.

Je ne fais pas exception à ma propre exigence.

Ce que vos choix de présentation disent de vous sur votre site

Pourquoi je refuse la règle « le masculin l’emporte »

La règle grammaticale selon laquelle le masculin l’emporte sur le féminin n’est pas une vérité linguistique immuable. Elle a été codifiée au XVIIe siècle pour des raisons explicitement politiques, le masculin comme « le plus noble des genres » selon les grammairiens de l’époque.

Ce n’est pas de la linguistique. C’est de l’idéologie inscrite dans la grammaire.

Je ne suis pas obligée d’y adhérer. Le français a existé avant cette règle et existera après. Les langues changent parce que les locuteur·rices les font changer, pas parce que des académies décident que le changement est autorisé.

Je ne dis pas que tout le monde doit écrire comme moi. Je dis que j’ai choisi de ne pas perpétuer une convention que je trouve politiquement contestable. C’est une position. Elle peut ne pas être la vôtre. C’est très bien.

L’objection que je prends au sérieux et les autres

Trois objections reviennent systématiquement quand je parle d’écriture inclusive.

« C’est illisible » : c’est une question d’habitude. Tout texte qui s’écarte de la norme demande un temps d’adaptation. Le premier livre que vous avez lu en anglais était plus lent à lire que le dixième. Ce n’est pas une raison de ne pas apprendre.

« Ça alourdit le texte » : parfois oui, selon la forme choisie. C’est pour ça qu’il existe plusieurs approches : le point médian (entrepreneur·e), les doublets (les entrepreneurs et les entrepreneuses), la reformulation neutre (les professionnel·les). L’écriture inclusive n’est pas un format unique et rigide.

« C’est inutile, tout le monde se reconnaît dans le masculin générique » : c’est empiriquement faux. Des études en psycholinguistique montrent que le masculin générique évoque préférentiellement des hommes dans l’imaginaire des lecteur·rices. Ce n’est pas anodin quand vous rédigez une communication professionnelle.

L’objection que je prends réellement au sérieux est différente : l’accessibilité. Certains formats d’écriture inclusive créent des difficultés réelles pour les personnes dyslexiques ou utilisant des lecteurs d’écran. Ce n’est pas un problème mineur, c’est une tension réelle entre deux formes d’inclusion qu’il faut traiter sérieusement, pas balayer.

C’est pour ça que je n’utilise pas le point médian systématiquement dans des formats qui doivent être accessibles, et que je réfléchis au contexte avant de choisir la forme.

Ce que ça change dans ma façon de travailler et de sélectionner mes clients

L’écriture inclusive est un filtre. Pas un filtre agressif, un filtre honnête.

Les professionnel·les qui arrivent sur mon site et lisent mes articles voient immédiatement que j’écris en inclusif. Ceux·celles que ça irrite profondément et qui ne comprennent pas pourquoi je le fais, ils·elles partent. Ce n’est pas un problème. C’est le but.

Ceux·celles qui restent, consultant·es, avocat·es, formateur·rices, architectes, ont au moins la curiosité ou la familiarité avec cette pratique. Ce n’est pas une garantie de valeurs communes sur tous les sujets. Mais c’est un signal de compatibilité sur ma façon de communiquer, sur mon rapport à la langue, et sur le fait que je n’écris pas par convention mais par conviction.

C’est exactement ce que je construis avec les professionnel·les que j’accompagne : une image qui sélectionne, pas une image qui cherche à plaire à tout le monde. Mon blog et mes communications doivent faire ce que je demande aux sites de mes clients de faire, dire quelque chose de précis, à quelqu’un de précis, sans s’excuser de le dire.

L’écriture inclusive, pour moi, c’est ça. Pas un caprice stylistique. Un choix de positionnement visible et assumé.

Ce que je ne fais pas

Je n’écris pas en inclusif parfaitement. J’oublie parfois. Je reformule parfois maladroitement. Et je ne traque pas les textes des autres pour y corriger le masculin générique.

Je ne suis pas là pour convertir. Je suis là pour être cohérente avec ce que je pense, dans ce que je produis, dans ce que j’enseigne, et dans les projets que j’accepte.

Si vous cherchez quelqu’un qui partage cette façon d’aborder la communication, en faisant des choix explicites et défendables plutôt qu’en suivant les conventions par défaut, vous êtes probablement au bon endroit.

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